Un nouveau programme de formation vise à renforcer les compétences dans le secteur minier
Sandvik place de grands espoirs dans le lancement d'un programme unique d'ingénierie minière couvrant les cinq continents, destiné à former la prochaine génération de dirigeants du secteur.

Ce nouveau programme mondial de troisième cycle, lancé en mars 2026, marque un tournant dans la manière dont Sandvik entend développer son expertise. En relançant et en développant l’ancienne Sandvik International Mining School (SIMS), il rassemble des ingénieurs et des universités du monde entier afin de répondre à la complexité croissante du secteur minier.
Selon Allen Bellew, coordinateur du programme, ce besoin se fait sentir depuis un certain temps déjà : en effet, alors que Sandvik conçoit des équipements miniers de pointe, bon nombre de ses ingénieurs et d’autres candidats tout aussi qualifiés ne sont pas issus du milieu minier. « Le besoin s’est fait plus pressant », explique-t-il. « De nombreux professionnels occupant des postes techniques connexes doivent mieux comprendre les processus miniers, et pour concevoir et assurer le suivi des produits de manière adéquate, ils doivent savoir comment les équipements sont utilisés et ce dont les clients ont besoin dans diverses applications minières. »
Excellence académique et avantages concrets
Ce programme de deux ans est conçu pour combler ce fossé. Dispensé par un consortium de neuf universités spécialisées dans le secteur minier et dirigé par la Colorado School of Mines, il allie études théoriques et apprentissage pratique. Les participants voyagent sur les cinq continents et abordent des thèmes tels que la géologie, la conception minière, l’automatisation, l’électrification, le développement durable et la fermeture des mines.
« L’objectif est de valoriser nos collaborateurs », explique M. Bellew. « Il s’agit d’un programme de troisième cycle destiné aux professionnels sans formation minière, qui ne sont pas ingénieurs des mines, et où l’accent n’est pas mis sur la formation aux produits, mais sur l’acquisition d’une compréhension académique plus approfondie des systèmes et des processus miniers. »
La dernière promotion, qui a débuté au Colorado, poursuivra son parcours en Afrique du Sud, au Chili, en Europe et en Australie avant de revenir aux États-Unis. Au cours de ce parcours, les participants visitent plus d’une douzaine de mines en exploitation. « Ils se rendent sur des sites miniers en activité et découvrent les processus miniers ainsi que les applications des équipements », précise M. Bellew. « Cela leur permet d’acquérir une véritable compréhension. »

L’une des caractéristiques déterminantes du programme réside dans sa structure mondiale. Peu d’initiatives comparables associent des études de troisième cycle dans neuf universités à un tel niveau de mobilité internationale, permettant ainsi aux participants de découvrir des environnements et des pratiques minières variés.
Interaction entre pairs
Une vingtaine d’ingénieurs sont sélectionnés pour chaque promotion à l’issue d’un processus de nomination, de tests et d’évaluation. « C’est un processus rigoureux », précise M. Bellew, « et les participants ont le sentiment d’avoir mérité leur place. » Les anciens participants aux programmes SIMS ont systématiquement mis en avant la collaboration comme un atout majeur.
Les échanges en face à face ont souvent constitué l’aspect le plus précieux. Les relations nouées au cours de ces deux années créent des réseaux solides et favorisent la fidélisation.
Ursula Stokan, de la division « Mechanical Cutting » en Autriche, reconnaît que la constitution d’un réseau est un élément clé du programme. « La possibilité d’étudier dans différentes universités minières à travers le monde m’apporte de nouvelles perspectives, tant sur le plan professionnel que personnel. Ce programme va bien au-delà de la simple formation : c’est un parcours unique qui me permet d’évoluer, de nouer des relations durables et de créer un solide réseau international qui m’accompagnera tout au long de ma carrière », explique-t-elle.
Les participants se familiarisent également avec différents contextes miniers à travers les régions et les disciplines, ce qui favorise leur développement de carrière à long terme. Le programme affiche un bilan solide : plusieurs cadres supérieurs de Sandvik en sont d’anciens participants. « Trois membres de l’équipe de direction du pôle d’activité l’ont suivi », précise M. Bellew. « Ce n’est pas un programme de leadership, mais il développe clairement les capacités de leadership. »
Un autre participant, Gideon de Villiers, de Screening Solutions en Afrique du Sud, confirme à quel point le programme est bénéfique pour son rôle au travail. « Cela m’a permis de bien mieux comprendre comment les différentes étapes du processus minier s’articulent entre elles. Cela m’a été très utile dans mon travail, car cela m’aide à concevoir des équipements qui s’intègrent mieux dans une vision d’ensemble et répondent plus efficacement aux besoins de nos clients », explique-t-il.
Pour Sandvik, cette initiative constitue un investissement stratégique. « L’essentiel, c’est de disposer de personnel plus compétent dans le secteur minier », explique M. Bellew. « Si l’on comprend mieux le domaine, on prend de meilleures décisions pour les clients. » Concrètement, cela signifie que les ingénieurs doivent comprendre non seulement comment concevoir des équipements, mais aussi comment ceux-ci apportent de la valeur ajoutée au sein d’un système minier dans son ensemble.
L’entreprise s’est engagée à accueillir de nouvelles promotions, et à plein régime, plusieurs groupes pourraient fonctionner simultanément, ce qui permettrait de former potentiellement plus de 60 ingénieurs dès les premières sessions.

Le reflet d’un secteur en mutation
Ce programme reflète également des changements plus larges au sein du secteur. À mesure que l’exploitation minière devient plus automatisée, électrifiée et axée sur le développement durable, la demande en connaissances interdisciplinaires augmente. On attend des ingénieurs qu’ils maîtrisent non seulement leur domaine de spécialité, mais aussi les systèmes au sein desquels leurs technologies s’inscrivent.
« C’est un investissement important », conclut M. Bellew, « mais nous voulons des collaborateurs mieux informés. Nous devons mieux comprendre nos clients, proposer de meilleures solutions et avoir des échanges plus constructifs. L’industrie minière est un secteur restreint, et elle a besoin de davantage de personnes possédant des connaissances dans ce domaine. »